"Ici aussiUn rayon de soleil à peine Et les chaussettes mises à sécher" Alors que j'éprouvais une profonde répulsion envers le flot d'images véhiculÈes par la pub, la propagande et les médias, la trés forte actualité et prÈsence visuelle de cet ancien haïku d'Ichirinso fonda mon engagement envers une autre forme de langage, je penchais pour sa facilité et sa rapidité de mise en l'oeuvre vers la photographie. Elle ne serait pas didactique, peu démonstrative et s'efforcerait d'être intemporelle pour laisser toute sa place à l'imaginaire du regardeur. J'étudiais alors avec soin mon livre de chevet du moment : l'anthologie-promenade de Maurice Coyaud "Fourmis sans ombres - le livre du haïku" et tentais d'en transposer quelques règles ý cet outil moderne que peut être la photographie. J'expérimentais d'abord cette démarche sur mon quotidien : la mer, les formes et les matières du rivage. J'obtenais alors des images évidemment figuratives mais suffisamment abstraites et surtout assez ouvertes pour s'approcher du rÈsultat escompté. Puis avec le temps, approfondissant l'expÈrience, j'observais derriËre les plus simples objets et les surfaces apparemment banales, toute une graphie répondant par anamorphose à certains paysages ou par mimétisme à certaines oeuvres peintes. C'est d'ailleurs sans oublier les principes fondamentaux, ce lien naturel entre la peinture et la photographie qui motive maintenant ma recherche. JihéLté "Quelques siècles plus tard, le soleil est encore là mais les chaussettes, elles, ne sont toujours pas sèches." |